Face au pétrole cher
- Sultanat d'Oman : y a-t-il une vie après le pétrole ? , Alternatives Internationales n° 032.
- La pompe à finances , Alternatives Economiques n° 270.
- Gaz à effet de serre, pétrole cher : peut-on se passer du nucléaire ? , Alternatives Internationales n° 033.
L'envolée du prix du pétrole s'annonce durable. Au-delà des ajustements de court terme, il est grand temps de préparer l'après-pétrole.
"C'est la première fois que des générations qui sont vivantes sont confrontées à la fin du pétrole", soulignait le Premier ministre François Fillon le 12 juin dernier. L'envolée récente du prix de l'or noir oblige en effet à prendre réellement conscience d'une situation que nous avions souvent tendance - inconsciemment - à occulter jusque-là. Même si nous savions bien que la fin du pétrole devait se produire au cours de ce siècle.
Cela ne signifie pas que les prix du pétrole ne baisseront plus jamais. La dimension spéculative des hausses récentes est indéniable, même s'il est impossible de mesurer précisément son impact et même s'il convient de ne pas surestimer son rôle. Sur un marché aussi tendu que celui du pétrole, avec une demande peu élastique, le moindre aléa suffit à propulser les prix vers des sommets. D'autres facteurs pourraient aussi les faire baisser sensiblement. Les pays de l'Opep, le cartel des pays producteurs, et singulièrement l'Arabie Saoudite, disposent encore de quelques marges de manoeuvre susceptibles de desserrer l'étreinte. Provisoirement bien sûr.
Il n'empêche, il nous faut maintenant trouver d'autres sources d'énergie pour remplacer à court terme les usages spécifiques du pétrole, notamment pour les transports. Pour l'instant, les perspectives offertes par la technique restent cependant d'un faible secours. Les agrocarburants n'en sont encore qu'au tout début et déjà ils accroissent sensiblement la pression sur les marchés agricoles. L'hydrogène et les piles à combustible ne seront pas opérationnels avant une dizaine d'années. Et il faudra de toute façon trouver un moyen de produire cet hydrogène sans polluer davantage… C'est donc encore et toujours du côté des économies d'énergie que le potentiel est le plus important à court terme. Reste que, dans un monde aussi inégalitaire et peu régulé à l'échelle internationale que le nôtre, il ne va pas être aisé de réaliser cette transition de façon pacifique et un tant soit peu maîtrisée…
En attendant, la hausse du pétrole soumet déjà les politiques à une forte pression, afin de diminuer les taxes qui, en France et en Europe, représentent à peu près la moitié du chiffre d'affaires réalisé avec les produits pétroliers. Une telle approche n'est pas irrationnelle si elle est pensée comme une réponse provisoire à une montée brutale des cours telle que nous l'avons subie ces derniers mois. Mais elle comporte des risques: le "signal prix" joue un rôle central dans le sevrage progressif de nos économies vis-à-vis de cette drogue dure qu'est le pétrole. Et il ne faudrait pas que le rognage continu de la fiscalité pétrolière serve à retarder l'inéluctable transformation de nos modes de production et de consommation.
- Le choc permanent
- Faut-il baisser les taxes?
- Va-t-on réussir à s'en passer?
Le choc pétrolier actuel se caractérise par une augmentation forte et prolongée du prix du baril. Et elle a de fortes chances de se poursuivre.
Face aux conséquences sociales du choc pétrolier, jouer sur la fiscalité n'est pas la meilleure solution.
Il n'existe pas de remède miracle à court terme à la fin annoncée du pétrole. Il faudra donc apprendre à produire et à consommer autrement.
Commentaires



































agir pour diminuer notre consommation de pétrole, à savoir: rationaliser massivement
le travail(semaine en 3-4jours,innovations technologiques qui favoriseraient le travail à domicile....)
On peut aussi agir sur le logement, en le rendant le moins éloigné possible du lieu du travail -plus d'une heure pour des millions de personnes, bonjour le nombre de barils !).
Obliger les camions qui envahissent de plus en plus nos routes à utiliser le train.
Quelques pistes, en vrac, mais
on voit bien que si politiquement, notre vision du monde ne change pas, cela s'avère impossible.