Hongrie : à défaut d'immigrés, on vise les Roms
Pál Tamás, Institut de sociologie, Académie hongroise des sciences
Alternatives Internationales n° 052 - septembre 2011
Le souvenir des préjudices dont la Hongrie estime avoir été victime dans l'histoire, les déceptions du postcommunisme et les effets de la crise favorisent la montée en puissance des populistes. Dont les Roms sont le bouc émissaire.
Les phobies anciennes refont surface en Hongrie. Et elles se conjuguent aux déceptions d'aujourd'hui pour favoriser la montée en puissance d'un courant national-populiste dont plusieurs partis se disputent les électeurs : le Fidesz (Union civique hongroise) de Viktor Orban, l'actuel chef du gouvernement, et le Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) qui est dans l'opposition, mais qui a obtenu 16,7 % lors des élections législatives d'avril 2010. Les phobies anciennes trouvent leurs sources dans des interprétations de l'histoire de la Hongrie qui en font une éternelle victime : des Allemands, des Ottomans, des Slaves, des Roumains… Avec les juifs dans le rôle de l' " ennemi intérieur ".
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